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Un propriétaire qui découvre que son bien classé G ne peut plus être mis en location, un acheteur dont le dossier de prêt est refusé à cause du DPE, un investisseur qui voit sa rentabilité locative amputée par une surtaxe sur les meublés touristiques : le marché immobilier de 2025-2026 se lit d’abord à travers ces situations concrètes.

Suivre l’actualité immobilière au fil de l’eau ne suffit plus. Il faut comprendre comment les nouvelles contraintes réglementaires, les mouvements de taux et les politiques locales modifient les décisions d’achat, de vente ou d’investissement.

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DPE et passoires thermiques : ce qui bloque vraiment les transactions

On parle beaucoup de la loi Climat et Résilience, mais sur le terrain, les conséquences se mesurent au moment de signer. Un bien classé G ne peut plus être proposé à la location. Les étiquettes F suivent le même chemin.

Le premier effet visible, c’est la décote à la vente des logements mal classés. Les notaires et les réseaux d’agences comme Century 21 ou Orpi documentent déjà des écarts de prix significatifs entre un bien rénové et un bien énergivore dans le même quartier.

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Le second effet touche le financement. Certaines banques refusent de financer un achat si le DPE est trop mauvais, ou conditionnent le prêt à un plan de travaux chiffré. Pour suivre les nouveautés sur Actu Immobilier, on comprend vite que cette mécanique transforme la négociation entre vendeurs et acheteurs.

Concrètement, trois situations reviennent en boucle :

  • Le vendeur qui fixe son prix sur la base de l’ancien marché et se retrouve sans offre, parce que les acquéreurs intègrent le coût des travaux de rénovation énergétique dans leur calcul
  • L’investisseur locatif qui achète un lot à rénover en pensant louer rapidement, et découvre que les délais de travaux et les contraintes d’obtention des aides rallongent la vacance locative de plusieurs mois
  • Le primo-accédant qui cible un bien ancien à prix réduit, mais dont le dossier bancaire coince parce que la banque exige un reste à vivre suffisant après financement des travaux

Le DPE n’est plus un simple document administratif. Il conditionne la faisabilité financière d’un projet, et ignorer l’étiquette énergétique revient à acheter à l’aveugle.

Couple consultant des rapports du marché immobilier sur ordinateur portable dans un intérieur contemporain

Locations touristiques et résidences secondaires : durcissement des règles locales

Paris, Lyon, Bordeaux, une bonne partie du littoral atlantique et méditerranéen : les communes touristiques ont multiplié les contraintes sur les meublés de type Airbnb depuis 2023-2024. Quotas, autorisations de changement d’usage, amendes renforcées pour les locations non déclarées.

Pour un propriétaire qui loue un appartement en saisonnier, le calcul de rentabilité a changé. Les autorisations sont plus longues à obtenir, certaines zones sont purement interdites, et les amendes en cas de location illégale ont été revues à la hausse.

En parallèle, plusieurs maires de communes littorales et de montagne expérimentent des moratoires sur les résidences secondaires ou des surtaxes de taxe d’habitation. L’objectif affiché : préserver le parc de logements à l’année pour les habitants permanents.

Sur le terrain, ces mesures créent un double marché. D’un côté, les biens avec autorisation de location touristique en règle conservent leur valeur. De l’autre, les biens sans autorisation perdent une partie de leur attrait pour les investisseurs, ce qui peut peser sur les prix dans les stations balnéaires ou les centres-villes très touristiques.

Taux de crédit immobilier : renégociation et durées de prêt allongées

On a vu les taux monter brutalement, puis amorcer une redescente partielle. Ce mouvement a fait émerger un phénomène concret : un marché de la renégociation des crédits immobiliers s’est structuré.

Les emprunteurs qui ont signé au pic des taux cherchent à renégocier, soit auprès de leur banque, soit par rachat de crédit chez un concurrent. Les courtiers rapportent un afflux de demandes, et les banques, en manque de nouveaux dossiers, acceptent plus facilement de revoir les conditions.

Rallongement des durées de prêt : un levier à double tranchant

Pour maintenir des mensualités supportables malgré des prix encore élevés dans les grandes villes, la durée moyenne des prêts s’est allongée. On voit désormais des prêts sur 27 ou 30 ans proposés par certains établissements, là où le standard restait à 20-25 ans.

Le gain en pouvoir d’achat immédiat existe, mais le coût total du crédit augmente sensiblement sur la durée. Pour un acheteur, la question à se poser n’est plus seulement « quel taux ? », mais « quel coût total et quelle capacité de revente dans dix ans ? ».

Urbaniste présentant des tendances du marché immobilier sur un écran dans un espace de coworking

Veille immobilière : quels sujets surveiller en priorité

Le marché immobilier en France se lit à travers quelques indicateurs opérationnels, pas à travers des tendances macro déconnectées du quotidien. Voici les points que nous surveillons de près :

  • L’évolution du calendrier d’interdiction de location des passoires thermiques, qui peut être accélérée ou aménagée par décret
  • Les décisions municipales sur l’encadrement des loyers et les règles de meublés touristiques, ville par ville
  • Le comportement des banques sur les conditions d’octroi de prêt, en particulier la flexibilité sur le taux d’endettement et la durée
  • Les arbitrages budgétaires du gouvernement sur les aides à la rénovation (MaPrimeRénov’ et dispositifs locaux), dont les montants et les critères changent régulièrement

Le contexte politique pèse aussi. La perspective de l’élection présidentielle de 2027 génère un attentisme chez une partie des acheteurs et des vendeurs, comme le relèvent plusieurs observateurs du marché. Cette période d’incertitude électorale tend à freiner les décisions d’achat, surtout sur les biens de grande valeur.

Que l’on soit acheteur, vendeur, investisseur ou simplement curieux, la lecture du marché passe par ces signaux concrets. Les annonces réglementaires et les mouvements de taux n’ont de sens que rapportés à une situation précise, un projet réel, un bien identifié.

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